ALIMENTATION SANS GLUTEN: fausse mode ou réel problème?

Bonjour à tous 🙂

De nos jours on voit de plus en plus de produits ou plats « sans gluten » sans réellement savoir ce que cela signifie. Se demandant s’il s’agit d’une mode ou d’une réelle prise de conscience générale. Je fais moi-même parti des gens ayant adopté ce type d’alimentation et depuis que je mange sans gluten, j’ai plus ou moins tout le temps les mêmes questions et discours qui me reviennent aux oreilles, alors aujourd’hui j’ai décidé de poser tout cela par écrit en espérant que ça pourra aider certains d’entre vous et répondre aux interrogations des autres 🙂 Je n’ai pas la science infuse et ne suis en rien Docteur spécialiste en maladies cœliaques donc il ne s’agira là que de mon avis propre, issu de mes recherches et expériences personnelles.

Première question: « Pourquoi manges-tu sans gluten? »

Lorsque j’ai décidé de changer d’alimentation à l’été 2013, une des premières choses que j’ai faite fut d’apprendre (ou tout du moins essayer) à écouter mon organisme. Ne sachant plus du tout ce qu’alimentation « normale » signifiait, et étant ultra bouleversée physiologiquement, je sentais que je devais passer par là pour retrouver un équilibre. Je me disais que, parce qu’il est doté d’une incroyable capacité d’auto régulation/guérison (qui personnellement me fascine!) mon corps saurait, de lui même, comment se réparer.

Donc je l’ai écouté. Et j’ai remarqué qu’à chaque fois que je mangeais des céréales et/ou dérivés de la famille du blé (pain par exemple) je me sentais ballonnée, lourdes, crampes d’estomac etc. qui pouvait aller jusqu’à l’incapacité de me lever de table après un repas tellement mon ventre était douloureux. A cette période je suis également devenue vegan alors, même si j’ai essayé autant que j’ai pu de manger sans gluten, cela faisait énormément de changements alimentaire et au niveau « pratique » j’avais beaucoup de mal à m’organiser. Il m’a fallu presque 1 an pour être complètement à l’aise avec mon veganisme, savoir exactement ce que je pouvais manger ou pas, et mon ventre se portait beaucoup mieux du fait de l’arrêt total de consommation de produits animaux alors pendant cette période de temps, même si j’avais toujours des maux de ventres, je faisais avec et le sans gluten à un peu été laissé aux oubliettes. Puis quand je fus prête j’ai voulu voir si mes maux de ventre venaient vraiment du gluten où s’ils venaient d’autres facteurs. De ce fait, j’ai plusieurs fois arrêté complètement puis recommencé le gluten pendant les 2 années qui ont suivis.

C’est lorsque je suis arrivée en Nouvelle-Zélande en Décembre 2015 et plus particulièrement dans une auberge de jeunesse proposant du pain à volonté tout au long de la journée que les choses ont réellement changées. Pendant les premiers mois j’ai mangé des quantités de pain astronomiques (à tous les repas) et mon corps m’a bien fait comprendre que ça ne lui convenait PAS DU TOUT! En plus des crampes stomacales et intestinales, j’ai subi une poussée d’acné énorme, fatigue mentale et physique permanente, prise de poids conséquente (+10 kilos en 2 mois) sont les principaux effets qui me viennent à l’esprit. Fin Février 2016 je décidais donc de couper totalement le gluten de ma vie. Et avec tout ce pain à profusion, en permanence, ça a été TRÈS difficile! Mais de ressentir que j’allais beaucoup mieux, de voir que mon poids s’en aller et que mon acné se calmait, m’a fait tenir sur le long terme.

Jusqu’à une froide soirée de Juin où on m’a offert une soupe qui contenait des perles de boulgour (je ne le savais pas) et où j’ai passé la soirée pliée en deux. Me réveillant le lendemain matin avec des boutons plein la figure. Ou que, pour mon anniversaire de cette année, j’ai mangé une part de gâteau, soit disant sans gluten, mais qui ne l’était en réalité pas du tout (Merci aux gens qui me mentent sur les ingrédients d’une recette parce qu’ils croient que l’intolérance au gluten est un mythe :] ) et où j’ai dû remonter de la cuisine à ma chambre en marchant à quatre pattes tellement mon ventre était douloureux :/

Depuis ça j’évite le gluten et toutes les céréales de la famille du blé comme la peste. Ne sachant pas exactement s’il s’agit vraiment du gluten où d’une autre molécule se trouvant dans la graine qui me provoque ces effets (parce que même avec le pain au levain fait maison, soit disant une bonne alternative au pain sans gluten, si je dépasse 2 tranches je suis limite), je préfère rester vigilante 🙂 des tests biologiques plus poussés me donneraient surement une réponse plus précise mais aujourd’hui je me porte très bien en évitant tout ce qui peu contenir du gluten, donc savoir le pourquoi du comment de qu’est-ce ne m’importe pas vraiment pour l’instant. ^^

Deuxième question: « Qu’y a-t-il de mal avec le gluten? »

Depuis les débuts du développement de l’agriculture intensive, les céréales les plus consommées au monde telles que le Maïs, le Riz et le Blé ont considérablement été modifiées, afin de répondre à des besoins de rendement toujours plus conséquents, en transformant les molécules de bases de ces aliments. Ainsi, le Blé que nous consommons aujourd’hui possède une structure moléculaire bien différente de celui que nous consommions il y a 100 ans. Plus chargé en gluten (grosse molécule élastique qui permet la germination et la pousse de la graine et qui rend la mie du pain épaisse, moelleuse et aérée) il est produit plus vite et permet de fabriquer des produits répondant plus favorablement aux demandes des consommateurs qui veulent des pains toujours plus moelleux, des céréales toujours plus croustillantes et des brioches toujours plus onctueuses.

Mais voilà, toute médaille à son revers, et l’on se rend compte que, lorsque cette molécule de gluten modifié ne provoque pas de réactions allergiques parce que le corps la perçoit comme un intru/ un danger, celle-ci joue littéralement le rôle de colle intestinale qui bouche l’absorption des nutriments alimentaires. Bloquée dans le replis du tube digestif cette pâte visqueuse s’accumule avec les années, limitant de plus en plus le rôle de filtre des intestins. Les aliments sont mal digérés, mal absorbés, les nutriments ne peuvent pas être captés, les cellules de l’organisme manquent de carburant, et sont affaiblies! Vous souffrez donc de fatigue chronique physique et cérébrale, sentiment dépressif, migraines, eczéma pour certains, ballonnements, gazs, constipation alternée de diarrhées dès que vous mangez des fibres, ventre gonflé comme un ballon, etc.

Troisième question: « Tu suis la mode ou tu es allergique? »

Tout d’abord sachez qu’un régime alimentaire sans gluten peut cacher différents cas de figures.

Ou vous êtes Cœliaque et dans ce cas votre corps fait une grave réaction allergique à la molécule de gluten. Tout contact de prêt ou de loin (consommation de produits fabriqués dans des usines utilisant du blé, utilisation d’un plan de travail/couteau/ustensile/grille-pain/mains ayant été en contact un aliment contenant du gluten en amont, etc.) avec la molécule peut conduire à l’hôpital. Vous l’aurez compris on ne rigole pas avec les cœliaques! Donc le coup du « mais oui c’est bon t’inquiète c’est sans gluten » juste parce que ça nous ennuie de préparer du « 100% sans gluten » on oublie. Avec les vrais cœliaques c’est tolérance zéro!

Deuxième cas de figure, vous êtes intolérant au gluten. Vous n’êtes pas fortement allergiques dans le sens où vous pouvez utiliser le même grille-pain que les autres, et avaler un peu de gluten (produits « pouvant contenir des traces de gluten ») sans risquer le choc anaphylactique. Vous avez mal au ventre quand vous mangez « trop » de gluten (pour moi par exemple la limite se situe au delà d’une ou deux cuillères à soupe de pâtes ou une demi tranche de pain), la digestion est très difficile et douloureuse mais votre vie n’est pas en danger.

Troisième cas de figure, vous choisissez tout simplement de l’exclure au maximum de votre alimentation pour éviter tout effet d’engluement, faciliter votre digestion et favoriser votre absorption nutritionnelle.

Quatrième question: « Est-ce que c’est dur de manger sans gluten? »

Au début ça l’était oui. Parce qu’on se rend compte que tout, ou presque, dans les produits issus de l’industrie agro-alimentaire et dans notre culture occidentale classique, contient ou est fabriqué à base de farine de blé. La meilleure façon que j’ai trouvé pour me prévenir des mauvaises surprises (#ingrédientscachés) est donc de consommer brut et/ou de tout faire moi-même. Cela dit, n’ayant pas le temps ni la foi de pâtisser toute la journée et préparer 15 repas différents, je me contente de manger les aliments bruts et de ne cuisiner QUE du sans gluten. Même si les gens pour lesquels je cuisine peuvent manger du gluten, pour les raisons d’engluement intestinal que j’ai cité plus haut, c’est beaucoup plus sain pour leur santé à eux aussi. Ainsi, la question de la contamination alimentaire ne se pose même pas.

Aujourd’hui je sais exactement ce que je peux manger ou pas, donc pour moi ce n’est plus un handicap du tout. Tout n’est qu’une question d’habitude et de culture. Ici, en Australie, TOUS les restaurants/établissements publics proposent au moins 1 plat ou une option sans gluten dans leur menu. En France ça commence à venir, mais dans le pays des croissants et de la baguette le chemin reste encore long.

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires et à me dire votre histoire avec le sans gluten 🙂 ça me fera plaisir de lire vos témoignages!

Merveilleuse journée à tous,

Mélanie.

 

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